Transcultures – Société des Arts Technologiques [SAT] – France, Canada

Transcultures – Société des Arts Technologiques [SAT] – France, Canada

Transcultures – Société des Arts Technologiques [SAT] – France, Canada

Transcultures : http://www.transcultures.be
Société des Arts Technologiques : http://www.sat.qc.ca

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Fin 2009, je participais à un projet de résidence d’échange : TRANSAT[Contamine]. J’en ai profité pour écrire un article dans le Turbulences Video #65,  trimestriel du festival Vidéoformes. C’est un extrait de cet article que je vais utiliser ici pour vous présenter les deux structures de cette semaine. Si Transcultures est assez connue en europe pour ses festivals (City Sonics et Les Transnumériques) et les nombreux autres projets auxquelles elle s’associe, La [SAT] quant à elle n’est souvent connue que de nom. Et pourtant, c’est un des lieux les mieux équipés que je connaisse, avec une réelle ouverture aux collaborations les plus diverses. Cela vaut vraiment la peine de prendre un temps pour explorer son site afin de voir tout le potentiel que cette structure peut offrir.

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« TRANSAT[contamine] : Syndrome de Contamination Positive » – (extrait) paru dans le Turbulence Video #65

J’ai rencontré la chorégraphe Montréalaise Manon Oligny[1] il y a une dizaine d’années, lors d’un échange via l’Agence Québec Wallonie Bruxelles pour la Jeunesse [2]. Nos chemins n’ont cessé de se croiser depuis lors, que ce soit à Bruxelles ou à Montréal. En plus de son travail chorégraphique, elle est aujourd’hui chargée de projets à la Société des Arts Technologiques de Montréal (SAT[3]). C’est dans ce cadre qu’elle a initié, avec Philippe Franck[4] (Transcultures[5]), un projet d’échanges d’artistes, de résidences et de performances entre la Belgique et le Québec. J’ai suivi le projet d’assez près que pour être ravi de pouvoir enfin en parler. Mais avant d’entrer dans le sujet proprement dit, il me semble important de retracer[6] rapidement le contexte de ce dernier.

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Les partenaires

La SAT se présente comme « un centre transdisciplinaire de recherche et création, de production, de formation et de diffusion voué au développement et à la conservation de la culture numérique ». Depuis 1996, elle a accueilli plus de 1200 événements et quelque 6000 artistes tant au niveau national qu’au niveau international. Son champ d’action traverse tous les domaines de la culture numérique: musique, arts visuels, danse, etc. Son espace est un des rares au monde à pouvoir proposer un équipement aussi complet et qui se verra gratifié, début 2010, d’une coupole géante[7] pleinement opérationnelle, sous laquelle quelque 400 personnes pourront visionner des projections à 360 degrés. Mais c’est surtout de la vision de Monique Savoie, sa directrice/fondatrice et de son équipe, que la SAT tire une énergie résolument novatrice, entrepreneuse et « entremetteuse ». Si ses réalisations ont été présentées dans une cinquantaine de villes et dans plus de vingt pays, c’est me semble-t-il, plutôt dû à une volonté de rencontres, de création d’interférences[8] que de simple diffusion. Non seulement la SAT cherche et trouve des partenaires, mais grâce à l’acquisition et au développement d’outils de création et de recherche[9], elle attire aussi des partenaires potentiels[10]. C’est un schéma de fonctionnement, une philosophie qui font de cette structure un nœud de convergence et d’émission, plutôt qu’un lieu de passage.

Transcultures, le second acteur de ce projet, est connu pour ses deux festivals (City Sonic et Les Transnumériques). Centre interdisciplinaire des cultures électroniques et sonores installée à Mons (Belgique), c’est en 1996 et à Bruxelles qu’il a vu le jour. Philipe Franck, son directeur, parle de Bruxelles comme d’un « carrefour européen à haut taux de croisements culturels et de bouillonnement indisciplinaire ». Ce qui est intéressant dans cette approche, c’est moins une certaine « réalité des faits », que l’angle d’attaque adopté. Maintenant installé à Mons, cet état d’esprit est d’ailleurs tout aussi présent : Mons associée à Maubeuge devient ville transfrontalière, le festival Les Transnumériques se revendique nomade et s’étend jusqu’à Paris, en passant par Lille et Bruxelles… Voyageur infatigable, c’est à un travail de « réseautage » que Philippe Franck s’est attelé. Sachant que pour construire des ponts solides, il faut bien avant aller sur le terrain, rencontrer, sentir la chaleur humaine, créer du contact direct pour que les bases soient solides, il n’hésite pas à faire ses valises, quitte à ne pas les défaire souvent. Pour reprendre une formule qu’il qualifie lui-même de « facile mais cruciale à ses yeux » : « médiatiser les arts médiatiques, non pas au sens de donner une certaine publicité par les médias, mais au sens de créer du lien et de faciliter les connections avant tout humaines ». Investissant un nouveau lieu d’accueil, le Frigo, sorte de boîte noire polyvallente sur le Site des anciens Abattoirs de Mons,Transcultures (sʼ)accueille donc en partenariat, crée le terrain propice, elle part à la rencontre et, plus important encore, fait se rencontrer, agissant ainsi comme catalyseur positif.

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TRANSAT[contamine] le projet

Ce qui m’a frappé à la lecture du dossier de présentation, c’est avant tout un enthousiasme débordant. Dans des projets aussi complexes et longs à mettre en place (logistiquement et techniquement parlant), il arrive souvent que les dossiers de présentation deviennent tout simplement indigestes et que les projets, une fois en phase de réalisation, se soient épuisés à force de se mettre en place. Mais, dans ce cas précis, une réelle rencontre a eu lieu début 2007 : le terrain était prêt, les circonstances étaient réunies, il fallait saisir le Kairos : ce temps de l’occasion opportune. A la place d’attendre et construire du définitif sur papier, les deux structures ont privilégié la poursuite de leurs réflexions dans le concret. Elles ont lancé une première série d’échanges dès 2008[11]. Le premier s’est matérialisé par la venue en résidence des artistes québécois Manuel Chantre et Simon Laroche, ainsi que celle de René Barsalo, directeur Recherche et Stratégie à la SAT, lors du festival Les Transnumériques #3. L’échange retour s’est effectué début 2009 à la SAT, par l’accueil du collectif MéTAmorphoZ via son projet « SPAM », ainsi que un dj mix City Sonics par Philippe Franck en tant que « Paradise Now ».

De ces micro-résidences d’artistes d’une semaine chacune, de conférences, de rencontres et de réflexions, est né le projet TRANSAT[Contamine], qui entend « structurer et prolonger ces premiers échanges en proposant et en soutenant la diffusion de créations d’artistes de la SAT et de Transcultures sur une période de deux ans ». Sont aussi envisagés des « master class » donnés par les artistes invités et un projet d’édition élaboré à partir des réflexions sur le concept de « contamination positive » à travers, notamment, le parcours et la contribution des artistes de la francophonie aux arts numériques et des articles critiques sur les productions des artistes impliqués dans le projet.

C’est aux collectifs T.I.N.D. et Perfection Plastic[12] qu’est revenu la tâche de cadrer le projet TRANSAT[Contamine] au travers de leur recherche TRAME 00. Ce cadre de travail, placé sous le sceau du « Creative Commons »[13], se présente comme un « laboratoire d’expérimentation avec les « erreurs » audiovisuelles. C’est un moment d’expérimentation en temps réel, basé sur les laboratoires de création que le groupe mène depuis sa création. Un mélange judicieux d’improvisations contrôlées, d’interventions préparées et d’erreurs maîtrisées ».

L’agenda du projet prévoit quatre échanges qui s’étaleront jusqu’en septembre 2010. Les partenaires du projet l’entrevoient comme évolutif, des adaptations pourront donc avoir lieu suivant les rencontres, les besoins ou les opportunités. C’est donc un projet à suivre…

Le premier rendez-vous est prévu pour octobre prochain et c’est Transcultures qui l’accueillera à Mons, au Frigo. Manon Oligny, entre deux créations, est envoyée par la SAT pour préparer le terrain :

J.U. – Depuis que tu travailles à la SAT (2005), tu as produit, entre autres, 6 projets chorégraphiques et initié plusieurs projets divers dont ce projet d’échanges. Quels liens se sont créés entre ton parcours de chorégraphe et celui de chargé de projets à la SAT ?

M.O. – Si j’ai pu rencontrer Philippe Franck, c’est dans un premier temps grâce à mon travail chorégraphique, puisque c’est pour des résidences ou pour la présentation de mes pièces que je suis venue ici en Europe[14] et que j’y ai tissé des liens. En même temps, c’est bien mon travail à la SAT qui m’a donné l’envie d’ouvrir mon champ des possibles en tant que médiatrice. Comme Monique Savoie et Philippe Franck, qui se sont rapidement retrouvés sur le concept de « contamination positive », je pense que l’influence qu’a ce genre de projets n’est pas directement saisissable, quantifiable. Mais après quelques 5 années, je le ressens sur mon parcours chorégraphique comme quelque chose d’essentiel.

J.U. – Pour avoir suivi ton travail, je crois bien saisir le propos. Depuis ton premier projet chorégraphique à la SAT, ta recherche s’est de plus en plus ouverte à d’autres artistes, mais surtout, à d’autres médiums : que ce soit pour le travail sur le son, l’image, l’interactivité… ou comme pour tes prochains projets : une vidéo projection chorégraphique dans la SAT[osphère] ou un projet chorégraphique qui sera proposé sur Internet. Les diverses présentations d’un certain « résultat direct » sont importantes, mais c’est surtout dans les rencontres, dans ce qui se noue dans le concret du travail, le temps passé avec l’autre, la découverte d’une ville ou d’un mode de fonctionnement que l’on touche à ce concept de « contamination positive ».

M.O. – Oui, c’est pourquoi nous avons pensé ces échanges en termes d’ateliers, de résidences et surtout de possibilités de rencontres multiples et non de simples (re)présentations. C’est aussi pour ces raisons que nous pensions qu’il fallait, en tout cas dans un premier temps, un cadre commun, un même terrain de rencontres et d’expérimentations pour l’ensemble du projet et qui s’inscrive dans la durée (recherche TRAME 00). TRANSAT n’est pas le seul projet d’échanges de la SAT, d’autres sont en cours de réalisation ou en gestation. Ca n’est pas dans les manifestations extérieures que se trouve l’essence du projet, ça c’est le résultat, parce que la contamination positive : ça tisse d’abord « en d’dans ».

(pour lire la suite de l’article, rendez-vous sur le site de Turbulences Video)

flux rss SAT

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[1]http://www.manonfaitdeladanse.com  – compagnie « Manon –fait-de-la-danse »

[2]http://www.oqwbj.org  – maintenant appelée Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse est l’organisme bilatéral permanent et l’outil majeur de coopération entre le gouvernement du Québec et les gouvernements de la Communauté française de Belgique.

[3] http://www.sat.qc.ca/

[4] est, entre autres, directeur de Transcultures, du festival des arts sonores City Sonics (www.citysonics.be) et du festival Les Transnumériques (www.transnumeriques.be). Il est également conseiller artistique de la Gaîté, Centre des musiques actuelles et arts numériques à Paris et co-directeur artistique du festival des cultures urbaines et sonores de Besançon, Sonorama. Il développe également une recherche et une production sonore et interdisciplinaire en tant qu’artiste.

[5] http://www.transcultures.be

[6] vous pouvez retrouver l’origine de ces traces sur le site de la SAT, le site de Transcultures , l’interview de P. Franck par L. Boisclair : http://archee.qc.ca/ar.php?page=article&no=331 et l’article de Yan Fortier : http://www.magazineforces.com/?t=http://www.magazineforces.com/detail_article.aspaaaid=121bbbid2=148

[7] la SAT[osphère]

[8] pris comme la rencontre de plusieurs phénomènes qui agissent conjointement, souvent pour se modifier, se renforcer…

[9] stations de téléprésence, panoscope 360°, panodôme, cyclorama, SAT[osphère], logiciel PropulseART, Programme de recherche : TOT, projet interface[s] Montréal…

[10] un exemple parlant, le Projet PropulseART  – voir l’interview de René Borsalo (directeur recherches et stratégies à la SAT) sur le site de C. Aubry: http://christian.aubry.org/category/intruders-tv

[11] voir : http://www.sat.qc.ca/post.php?id=98&post_id=1694&lang=fr et http://www.sat.qc.ca/post.php?id=98&post_id=1681&lang=fr

[12] Francis T. : audio + vidéo / Guillaume B. : audio / Victortronic : audio / Sébastien G. : audio http://www.thisisnotdesign.com / http://www.perfectionplastic.info

[13] Simples à utiliser et intégrées dans les standards du Web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées ou le degré de liberté (au sens du logiciel libre).

[14] Portugal, Autriche, France, Belgique

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